« Les deux Lunes » à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre Exposition de Frédéric Couraillon du 16 janvier au 13 mars 2016

 

affiche A3 les deux lunes-page-001« Les deux Lunes », c’est le nom de l’une des toiles de Frédéric Couraillon exposées depuis le 16 janvier dans le cellier de l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre. L’artiste a choisi ce titre évocateur teinté d’ésotérisme pour intituler cette exposition riche en œuvres et qui nous plonge au cœur du travail et des problématiques développés par l’artiste.

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« Les deux lunes », Frédéric Couraillon, huile et charbon sur toile, 2015. Vue de l’exposition au Cellier de l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre. ©Frédéric Couraillon

Une exposition ésotérique

Féru de littérature, l’artiste n’hésite pas à s’inspirer d’un thème, d’un motif ou d’un personnage rencontrés au fil de ses lectures pour créer ses œuvres. Son tableau Les deux lunes lui a été inspiré par le conte philosophique de Voltaire, Micromegas. Le texte, une réflexion sur l’infiniment petit et l’infiniment grand au siècle des Lumières, relate le voyage extraordinaire de deux géants à travers le cosmos. C’est aussi la posture qu’a choisi l’artiste pour présenter dans cette exposition une variété de formats, des peintures imposantes aux gravures miniatures.

Du côté de la technique

L’exposition s’ouvre sur une série de peintures grands formats à la matière épaisse et aux couleurs vibrantes de lumière. Les formes organiques apparaissent sur la surface granuleuse et magmatique de la toile, travaillée d’abord avec du charbon broyé et collé. L’artiste applique ensuite les couleurs à l’huile et parvient, malgré les empâtements de la matière, à un résultat léger et poétique. S’il part souvent d’une idée, d’un thème ou d’un croquis, Frédéric Couraillon laisse libre court au geste de sa main, et parfois au hasard, durant la phase de création.

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Vue de l’exposition de Frédéric Couraillon à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre, peintures à l’huile et charbon sur toile, 2015. ©Frédéric Couraillon

 

Au fil des oeuvres

Ce sont deux maternités, inspirées par les peintres siennois du XIIIè siècle, et un arbre dont les fleurs évoquent aussi des étoiles, qui accueillent le visiteur et le guident pour un voyage intérieur. Plus loin dans l’exposition, des monstres marins et des combats maritimes peuplent les toiles dans des tons de brun, d’ocre et de bleu, sans doute inspirés de l’une de ses oeuvres favorites, « Persée et Andromède » du Titien. Les Naufragés, une peinture grand format, appartient d’ailleurs à une série de trois œuvres inspirées de la Divine Comédie de Dante rédigée au XIVè siècle, qui relate en trois tomes l’enfer, le purgatoire et le paradis, des thèmes qui correspondent bien à l’ambiance des toiles de Frédéric Couraillon.

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Frédéric Couraillon, série de trois oeuvres inspirées de « La Divine Comédie » de Dante, peintures à l’huile et charbon sur toile, 2015. ©Frédéric Couraillon
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Frédéric Couraillon devant sa toile « Le Devin », vue de l’atelier de l’artiste. ©Frédéric Couraillon

A l’opposé de ses tableaux, l’artiste expose également de petits formats, dessins ou gravures qui sont pour lui l’occasion d’un travail introspectif et intime. Portraits, animaux récurrents comme l’âne ou le paon, natures mortes (trois poissons finement dessinés dans une assiette) et silhouettes enfantines animent les papiers japonais précieux choisis par l’artiste comme support. Les gravures sont une belle découverte, tant la maîtrise technique de l’artiste est au service d’un vocabulaire pictural poétique. Frédéric Couraillon grave sur de petites plaques de cuivre en mêlant la pointe sèche, utilisée pour la vivacité de son trait, l’eau forte qui permet la souplesse du geste, et l’aquatinte qui offre un rendu flou. Les fonds noirs sont obtenus grâce au carborundum, une technique qui consiste à coller sur la matrice des grains de carbone de silicium qui donnent, une fois l’estampe imprimée, un rendu noir mat et profond.

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L’enfer au cellier de l’Abbaye Saint-Germain

Au centre de la pièce, qui fut au Moyen Age le cellier des moines de l’Abbaye Saint-Germain, l’artiste y a aménagé « l’Enfer », un cube dans lequel sont exposées des œuvres érotiques inspirées des estampes japonaises du XVè siècle, qui étaient offertes aux jeunes couples en guise de cadeaux de mariage.

L’art céramique de Frédéric Couraillon

L’exposition est ponctuée de quelques sculptures en céramique, principalement des maternités et des vases. Au centre, une œuvre en terre cuite émaillée blanche est une « Galatée » revisitée inspirée du mythe de Pygmalion, raconté dans les Métamorphoses d’Ovide. Pygmalion est un artisan chypriote qui aurait inventé l’art de la sculpture. Tombé amoureux de sa statue d’ivoire, appelée Galatée, Pygmalion obtint d’Aphrodite, déesse de l’amour, qu’elle donne vie à la créature. Le mythe relate le lien affectif qui existe entre l’artiste et son œuvre, bien présent dans le travail de Frédéric Couraillon.

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Vue de l’exposition de Frédéric Couraillon à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre. Au 1er plan sculpture en terre cuite « Galatée ». ©Frédéric Couraillon

Frederic Couraillon : un artiste inspiré 

Formé à l’école des Beaux-Arts de Paris, Frederic Couraillon est un artiste icaunais qui partage son temps et sa création entre la France et l’Espagne. Musicien – il est un pianiste hors pair – Frederic Couraillon est prolifique : la peinture, la sculpture, la céramique, le dessin, et la gravure ne lui résistent pas. Ouvert et disponible, l’artiste sera présent régulièrement dans son exposition pour aller à la rencontre du public. Les œuvres sont en vente pour les amateurs et collectionneurs, prix disponibles dans l’exposition.

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Portrait de l’artiste Frédéric Couraillon devant l’une de ses toiles. ©Frédéric Couraillon

« Les deux lunes », une exposition à ne pas manquer, du 16 janvier au 13 mars 2016 à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre !

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Week-end portes ouvertes dans les ateliers d’artistes de l’Yonne

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Le week-end de l’Assomption est l’occasion parfaite de pousser les portes des ateliers ouverts au public dans l’Yonne, et de découvrir les coulisses de la création contemporaine.

Un rendez-vous incontournable

C’est devenu un rendez-vous obligé pour tous les artistes et les amateurs depuis plus de dix ans ! Les portes ouvertes des ateliers d’artistes sont l’occasion de parcourir notre belle campagne tout en découvrant de nouveaux créateurs et leurs oeuvres. A l’opposé des froides cimaises des habituelles expositions, c’est tout le contexte de création qui se révélera à vous. Qu’il soit au fond du jardin, dans la grange ou le grenier, l’atelier est l’antre secrète de l’artiste.

De belles rencontres artistiques

Ce rendez-vous annuel permet de faire de belles rencontres avec les artistes en personnes qui seront présents pour vous présenter leurs oeuvres et répondre à vos questions. L’échange direct avec l’artiste est souvent le moment idéal pour comprendre sa démarche, les problématiques abordées dans ses oeuvres, ses sources d’inspirations ou même une anecdote particulière sur une oeuvre. Tous les goûts seront satisfaits car peintures, sculpture, céramique, gravure, arts graphiques, photo ou vidéo sont au rendez-vous.

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L’atelier, un personnage à part entière

L’atelier est un lieu très personnel, souvent chargé d’une âme particulière. Entre tâches de peintures, odeurs de térébenthine, éclats de pierre ou matériaux de récupération abandonnés ici ou là, la visite de l’atelier permet de percevoir les oeuvres sous un autre jour. La découverte des outils de travail et des matières premières utilisées par l’artiste permettent de comprendre son travail de l’intérieur et d’y mettre un supplément d’âme.

Et peut-être, qui sait, vous viendra l’envie de réaliser une acquisition…

Téléchargez ici le programme et la carte des ateliers ouverts au public.

Jean-Baptiste Greuze, un peintre bourguignon en son musée

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L’Accordée de Village, Jean-Baptiste Greuze, 1761, peinture à l’huile sur toile, conservée au Musée du Louvre, Paris. © Hervé Lewandowski- Réunion des musées nationaux

Jean-Baptiste Greuze est un artiste bourguignon bien connu du XVIIIe siècle, né à Tournus (Saône-et-Loire) en 1725 et mort à Paris en 1805. Le Musée Greuze de Tournus, situé dans un ancien Hôtel-Dieu du XVIIe siècle, consacre plusieurs de ses salles aux œuvres du maître des lieux.

Un peintre de Tournus

Fils d’un couvreur, Jean-Baptiste Greuze montra très tôt un talent pour la peinture qui poussa son père à le placer en apprentissage dans l’atelier du peintre lyonnais Charles Grandon. Greuze y mit au point sa technique picturale mais ne put se forger un goût artistique précis à défaut d’oeuvre de maître à observer et à copier. Il poursuivit alors son apprentissage à Paris, à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture, où il fut l’élève du célèbre Charles Joseph Natoire, Peintre du Roi.

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Autoportrait au chapeau, Jean-Baptiste Greuze, vers 1799, peinture à l’huile sur bois, conservée au musée Greuze, Tournus. ©Hôtel-Dieu / musée Greuze de Tournus

Portraitiste et peintre de genre

Jean-Baptiste Greuze fut rapidement reconnu dans trois genres picturaux différents : le portrait, les scènes de genre et les esquisses. En 1755 il exposa pour la première fois au Salon de Peinture de l’Académie et rencontra un vif succès grâce au tableau Un père de famille lisant la Bible à ses enfants, ainsi que plusieurs portraits. Son style s’affirma rapidement en opposition au style rococo du début du XVIIIe siècle, et aux frivolités des Fêtes Galantes peintes par Watteau, très prisées par la noblesse libertine de l’époque. Son travail s’inspirait plutôt de la littérature moralisatrice des Lumières, au moment ou Diderot et d’Alembert travaillaient à l’Encyclopédie, publiée à partir de 1751.

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La prière du matin, Jean-Baptiste Greuze, vers 1775, encre et mine de plomb sur papier, conservé au musée Greuze de Tournus. ©Hôtel-Dieu / musée Greuze de Tournus

En 1761, Greuze exposa pour la seconde fois au Salon. Son tableau, L’Accordée de Village, est aujourd’hui encore considéré comme son chef-d’oeuvre ! Relatant une noce villageoise, la scène décrit le moment où le père de famille donne la dot à son gendre. Ce tableau fut peint la même année où Jean-Jacques Rousseau prônait lui aussi une nouvelle éducation et le retour aux valeurs familiales dans son roman Julie ou la Nouvelle Héloïse. Greuze dépeint dans cette œuvre la vie d’une humble famille paysanne emprunte de bons sentiments. L’artiste semble inspiré par la manière des peintres Hollandais du XVIIe siècle. Comme eux, il est animé par le souci du détail et le goût pour la narration et l’anecdote, par ailleurs caractéristiques des scènes de genre. Greuze réalisa en tout plus d’une dizaine de scènes de genre dans la veine moralisatrice et sentimentaliste comme La Malédiction Paternelle, Le Fils Puni, ou encore Un Cultivateur remettant la charrue à son fils. Cette influence de la littérature moralisatrice lui valut le soutien indéfectible de Diderot dans ses comptes-rendus des Salons, rédigés et publiés de 1755 à 1771.

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L’Accordée de Village, Jean-Jacques Flipart d’après Jean-Bapiste Greuze, 1770, estampe sur papier, gravure à l’eau-forte et au burin, conservée au musée Greuze de Tournus. ©Hôtel-Dieu / musée Greuze de Tournus

Le soutien de Diderot

Diderot appréciait le retour au naturel des personnages des œuvres de Greuze et la fine observation de la nature humaine à travers les portraits que peignait l’artiste. Il faut dire que Greuze maîtrisait parfaitement son art, le dessin et la peinture, tel qu’on le concevait au XVIIIe siècle. Ses portraits sensibles témoignent d’une observation attentive des émotions humaines et font appel à une palette de gestes et d’expressions naturels et réalistes. Mais ses œuvres ne se limitent pas à leurs connotations moralisatrices ! Lorsqu’il peignait des portraits de femmes ou de jeunes filles, Greuze y ajoutait une touche de sensualité, épaules découvertes et gorges apparentes, suggérant parfois une certaine ambiguité comme dans La cruche à l’eau. Mais ce sont véritablement les études préalables à ses compositions qui témoignent de la grande liberté de trait de l’artiste, libéré, dans cet exercice plus personnel, du carcan académique !

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Etude de tête de jeune homme, Jean-Baptiste Greuze, XVIIIe siècle, encre et mine de plomb sur papier, conservée au musée Greuze de Tournus. ©Hôtel-Dieu / musée Greuze de Tournus

Le poids de l’Académie

Le Salon de l’Académie de Peinture et de Sculpture était le passage obligé pour tout artiste désireux de faire une carrière officielle et de vivre de son art. Institué en 1667, le Salon eut une grande influence sur la vie artistique jusqu’au XIXe siècle, où son conservatisme fut vivement critiqué. Un jury était en effet chargé de sélectionner les artistes et les œuvres jugés dignes de figurer dans la grande exposition annuelle du Salon. L’Académie classait les œuvres en fonction de la hiérarchie des genres picturaux qui guidait l’attribution des prix et récompenses. Ainsi la peinture d’Histoire était considérée comme la Grande Peinture, supérieure au portrait, à la scène de genre et au paysage. La nature morte occupait le bas du classement.

La grande déception

Fort de son succès au Salon, Greuze poursuivait l’objectif suprême d’être reconnu comme « Peintre d’histoire ». Il présenta en 1769 son « morceau de réception », une peinture à l’huile sur toile puisant son sujet dans l’antiquité romaine, intitulée Septime Sévère reprochant à son fils Caracalla d’avoir voulu l’assassiner. Le jury, probablement réticent suite à son succès populaire et freiné par sa forte personnalité, formula plusieurs reproches à son œuvre, et lui accorda seulement le titre de « Peintre de Scènes de Genre ». Vexé et injurié, Greuze se retira du Salon pendant plusieurs années.

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Etude pour Septime Sévère et Caracalla, Jean-Baptiste Greuze, 1767, peinture à l’huile sur toile, conservée au musée Greuze de Tournus. ©Hôtel-Dieu / musée Greuze de Tournus

La diffusion de son œuvre par la gravure

A partir des années 1770, Greuze vécut reclus et rejeta le monde de l’art. Il organisa avec brio la diffusion de son œuvre par d’autres canaux que les voies officielles, notamment en organisant des expositions dans son propre atelier, pratique nouvelle à cette période, et en annonçant ses créations par voie de presse. L’artiste fit également reproduire ses peintures et dessins par le biais de la gravure pour permettre leur large diffusion publique. Il sut exploiter les nouvelles techniques de gravures apparues au XVIIIe siècle pour accompagner le développement des ouvrages imprimés, notamment la lithographie (gravure sur pierre en couleur), qui permirent de diffuser les œuvres et les idées à grande échelle, et dans toute l’Europe.

Le musée de Tournus

Artiste reconnu de son temps, Greuze tomba dans l’oubli à la fin de sa carrière et pour plusieurs siècles. Peintre aujourd’hui redécouvert, de nombreuses de ses œuvres sont conservées dans les musées du monde entier. Le Musée Greuze de Tournus conserve lui aussi une belle collection composée de nombreuses gravures d’après ses œuvres, des études originales préparatoires à ses compositions, ainsi que deux autoportraits de l’artiste et quelques portraits. Le reste du musée est également à découvrir. L’Ancien Hôtel-Dieu des XVIIe et XVIIIe siècles a conservé deux salles des malades et une chapelle ainsi qu’une des plus anciennes apothicaireries de France ! Sur la place de la Mairie de Tournus vous pourrez également contempler la statue de Jean-Baptiste Greuze. Sculptée par l’artiste tournusien Benedict Rougelet (de son vrai nom Benoît), la statue a été érigée en 1868. Greuze, palette en main, est représenté en train de chercher l’inspiration.

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Monument statue de Jean-Baptiste Greuze, place Greuze devant l’hôtel de ville de Tournus, Benedict Rougelet, 1868.

L’Ours Blanc de Dijon

Alors que sort le film Grizzly au cinéma, je vous propose de découvrir l’Ours Blanc de Dijon. Cette sculpture de deux mètres cinquante, taillée en pierre de Lens, trône à l’entrée du Parc Darcy.

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L’Ours Blanc, 1933, Henry Martinet, Parc Darcy, Dijon. Copie de l’oeuvre de François Pompon.

Un bien étrange gardien du Parc

La présence de cet Ours Blanc en plein Dijon n’est pourtant pas si étrange ! Cette sculpture a été commandée par la municipalité en 1933 pour rendre hommage à François Pompon, célèbre sculpteur animalier bourguignon ! C’est son ami, le sculpteur Henry Martinet, qui réalisa cette pièce, une copie du chef-d’oeuvre de Pompon, L’ours Blanc, conservé au Musée d’Orsay à Paris.

Qui était François Pompon ?

François Pompon est né à Saulieu, petite ville nichée dans le Parc Naturel Régional du Morvan, en 1855. Dès l’âge de 14 ans, Pompon travaille à Dijon comme tailleur de pierre. Il commence sa formation artistique à l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon en 1870, et la poursuit en 1875 à l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris. Excellent praticien, il travaille aux côtés de plusieurs sculpteurs reconnus de l’époque et devient même le chef d’atelier d’Auguste Rodin en 1893 ! Mais il œuvre dans l’ombre du maître et peine à se faire connaître.

Un des premiers sculpteurs animaliers

En 1906, Pompon commence à se désintéresser de la figure humaine, sujet de prédilection des sculpteurs de l’époque. Au lieu de cela, il préfère représenter des animaux. Pour parvenir à ses fins, Pompon travaille sur le motif. L’été, il dessine des animaux de ferme, de basse-cour ou du gibier à la campagne, et l’hiver, il se rend au Jardin des Plantes à Paris pour croquer des animaux exotiques. Parfois il se déplace avec son établi portatif pour sculpter directement de petites figurines dans la glaise, qu’il reprend ensuite en atelier.

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Animal se dirigeant vers la droite, fin XIXe – début XXe siècle, mine de plomb sur papier, François Pompon, collection du Musée du Louvre, Paris. Copyright Réunion des Musées Nationaux

Genèse d’une oeuvre

Ce n’est qu’en 1922, à l’âge de 67 ans, que François Pompon obtient son premier succès public avec l’exposition de L’Ours Blanc au Salon d’Automne à Paris. S’éloignant de l’expressionnisme des figures d’un Auguste Rodin, Pompon cherche une autre voie expressive qu’il trouvera dans l’épure des formes. Il cherche avant tout à saisir « l’essence même de l’animal » qu’il traduit souvent dans des formats monumentaux. Pompon commence par représenter son sujet avec une foule de détails qu’il simplifie peu à peu, ne gardant que les formes pleines et les lignes essentielles. Ses œuvres semblent ainsi universelles et intemporelles ! Maitrisant parfaitement les formes de cet Ours Blanc, Pompon parvient à rendre le mouvement de l’animal qui semble vivant. Alliant l’utilisation des matériaux traditionnels, comme la pierre, le marbre ou le bronze, tout en s’inspirant des dernières tendances artistiques, des sculptures épurées de Brancusi aux formes géométriques des cubistes, Pompon aboutit à un équilibre des formes et à une grande beauté.

Pour voir les œuvres de Pompon

Pour découvrir d’autres œuvres de notre sculpteur bourguignon, rendez-vous au musée François Pompon à Saulieu, qui consacre une salle aux œuvres de l’artiste, dont certaines de jeunesse. En ville, vous pourrez également voir un magnifique Taureau en bronze. Le Musée des Beaux-Arts de Dijon possède plusieurs pièces du sculpteur. Le Musée du Louvre conserve de nombreux de ses dessins, tandis que le Musée d’Orsay expose, entre autre, L’Ours Blanc original de l’artiste.