« Les gouacheries » d’Alexander Calder au Musée Zervos de Vézelay – Exposition temporaire du 1er Juillet au 31 Octobre 2017

Exposition-Alexander-Calder_cg89_visuel2

Ingénieur – artiste

Né en Pennsylvanie en 1898 dans une famille d’artistes, Alexander Calder devient d’abord ingénieur. C’est en 1923 qu’il décide de se consacrer finalement à l’art. Il part se former à la peinture et au dessin à New York. Mais son diplôme en génie mécanique lui servira tout au long de sa vie d’artiste et lui permettra de concevoir des mécanismes complexes pour mettre en mouvement ses figures artistiques.

Portrait_of_Alexander_Calder_1947_July_10
Portrait d’Alexander Calder, 1947, photographie de Carl Van Vechten, Library of Congress©

La quête du mouvement

Le mouvement est bien au cœur de ses recherches artistiques dès ses débuts à New Yorkais. Ses premiers dessins – évènements sportifs, artistes de cirques ou scènes de rues – tentent de saisir le mouvement des corps et la rapidité du monde moderne.

Son retour à Paris dans les années 1930 marque pour Calder le passage à l’abstraction pure. Une nouvelle manière pour lui d’explorer plus avant ses problématiques fétiches : le mouvement bien sûr, mais aussi ses corollaires comme l’équilibre / l’instable, la symétrie / la dissymétrie, la fragilité / la solidité, le vide / le plein.

Quelques œuvres emblématiques

Après avoir conçu son Cirque, œuvre d’art totale aux figures animées qui a donné lieu à de véritables spectacles, Calder développe ensuite la technique, belle et fragile, des sculptures en fil de fer. Mais il est surtout connu pour ses nombreux mobiles aériens et colorés qu’ils soient à mouvement libre, motorisé ou même sonore.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La gouacherie

L’exposition du musée Zervos, sous la direction de Daniel Abadie, ancien conservateur du Centre Pompidou et directeur de la Galerie du Jeu de Paume à Paris, se propose de mettre en lumière un pan moins connu de la carrière de l’artiste : ses œuvres graphiques. Une cinquantaine d’oeuvres sur papier, des lithographies et des gouaches, sont exposées au musée Zervos à Vézelay. Traversées par le mouvement, ses œuvres graphiques sont imprégnées de formes cosmiques et astrales. Spirales, soleils, lunes, circonvolutions en tous genres et disques peuples le travail de Calder, qui fut marqué par l’univers, comme le raconte dans ce reportage Agnès Delannoy, directrice du musée.

Composées entre 1953 et 1976 dans son atelier « La Gouacherie » situé en Touraine, les œuvres de l’exposition proviennent de collections privées ou du Centre Pompidou de Paris. Quelques œuvres sont directement issues du fonds du musée vézelien, leg de la collection personnelle du couple Christian et Yvonne Zervos qui lui consacrèrent une exposition dans leur galerie parisienne en 1954. Christian Zervos, qui avait rencontré Calder à Paris dans les années 1930, lui avait d’ailleurs consacré plusieurs articles dans sa revue Cahiers d’Art.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le mobile à la rencontre de la Basilique

calder sur le parvis pr site
Alexander Calder, stabile devant la basilique Saint-Marie-Madeleine de Vézelay, oeuvre prêtée par la ville de Saché, Indre-et-Loire. ©Les Amis de Vézelay et de sa Région

Après la visite de l’exposition, l’ascension de la Colline Eternelle s’impose. En point d’orgue, la sculpture géante de Calder installé sur le parvis de la Basilique romane Sainte-Marie-Madeleine. Cette œuvre emblématique de l’artiste, qui vient juste d’être restaurée, a été prêtée par la ville de Saché, en Indre-et-Loire, où Calder avait installé son atelier dans les années 1950 à 1970. Il s’agit d’un stabile (le socle fixe) surmonté d’un mobile composé de deux sphères, l’une bleue et l’autre rouge, tournant au bout d’une tige horizontale au grès du vent. Si l’installation de cette pièce contemporaine sur ce site historique et religieux à fait couler beaucoup d’encre, il n’en reste pas moins que ces deux œuvres fortes, fruits de deux époques lointaines, nourrissent quelques points communs, notamment autour de la question du rapport de l’homme à l’univers, au cosmos et au sacré…

Exposition Calder à découvrir au Musée Zervos de Vézelay jusqu’au 15 novembre 2017.

Publicités

Mille et une manières de découvrir le village typique de Chablis. Un article, et bientôt une chasse aux trésors !

CHABLIS . LE SEREIN . YONNE . BOURGOGNE . 13 AOUT 2009 .
Le lavoir de Chablis, construit au XIXè siècle au bord du Serein.

Le petit village de Chablis, au cœur de l’Yonne en Bourgogne, est connu mondialement pour son vin d’exception ! Il l’est moins pour ses ruelles, son patrimoine et son histoire longue de plusieurs siècles. Une lacune qu’il est temps de combler…

Vous avez dit Chablis ?

Si le village a donné son nom au vin qui y est produit, qu’est-ce qui a donné son nom au village ? Deux hypothèses tentent d’en saisir l’origine. La première fait référence au shabl, le câble autrefois tendu au dessus de la rivière Le Serein qui traverse le village, et qui guidait les bateaux pour faire traverser les passagers. La seconde hypothèse rappelle le paysage tel que le voyaient les celtes à une époque lointaine. En langue celte, le mot cab désignait les habitations, huttes et cabanes. Cablaie signifiant alors « habitation dans les bois ».

La fondation de la ville et le patronage de Saint-Martin

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vers 510 une première abbaye est dédiée à Saint-Loup, évêque de Troyes au Vè siècle. Un village est probablement constitué autour. Cet édifice primitif a aujourd’hui disparu mais devait se situer à l’emplacement de l’actuelle collégiale Saint-Martin. Mais c’est à l’époque carolingienne qu’une date va marquer l’histoire de Chablis. Alors que les envahisseurs Normands ravagent les côtes du royaume, les moines de l’Abbaye Saint-Martin de Tours fuient leur fief avec les reliques du saint patron. Trouvant refuge à l’abbaye Saint-Germain d’Auxerre, auprès du roi Charles le Chauve qui y séjourne en 867, ils lui demandent de l’aide. Touché, le roi fait don au chapitre de Tours de la ville de Chablis. Les moines se réfugient dans l’Abbaye Saint-Loup et y cachent même les reliques de Saint-Martin entre 872 et 877. Une maison du XVè siècle, située au chevet de l’église Saint-Martin, témoigne de ce lien avec Tours. L’obédiencerie était le siège des représentants de l’abbaye tourangelle lors de leurs déplacement à Chablis. La maison date du XVè siècle, mais ses caves sont plus anciennes !

lobediencerie-de-chablis-photo-obediencerie_0
Maison dite de « l’Obédiencerie », Chablis

Sous protection royale

Malgré la donation de la ville au chapitre de Saint-Martin de Tours, Chablis demeura sous la protection du roi de France jusqu’à la Révolution Française. C’est pour protéger la ville que des remparts furent construits au Moyen Age, de 1405 à 1423, en pleine guerre de Cent Ans contre les Anglais. Les remparts de la ville comprenaient alors vingt-neuf tours, trois pont-levis, trois poternes (petites portes ouvrant généralement dans un fossé) ainsi que des murailles de deux mètres d’épaisseur. Les remparts étaient entourés par un large fossé qui englobait la ville. Les travaux furent financés en partie par le chapitre et en partie par des prélèvements sur la vente de vin! La porte Noël, proche de l’actuelle mairie, marque l’emplacement d’une ancienne porte de la ville. Elle comprend aujourd’hui deux tours rondes reconstruites en 1775 sur les vestiges des anciennes tours carrées. Quelques autres vestiges des remparts sont visibles dans la ville, souvent pris dans les habitations.

chablis_-_porte-noel

Une histoire de vin

Si Chablis est connu pour ses vins, c’est grâce aux moines de l’abbaye de Pontigny, située toute proche. Fondée en 1114 par des moines venus de l’Abbaye de Cîteaux, l’Abbaye de Pontigny est l’une des « Quatre filles de Cîteaux ». Les moines possédaient des terres qu’ils cultivaient, notamment en vigne pour la production de vin. Pour administrer et cultiver leurs possessions à Chablis, les moines formèrent une communauté de frères convers qui s’établirent au « Petit Pontigny » où ils possédaient un cellier et un pressoir. Le Petit Pontigny, fondé en 1128, se trouvait à l’origine près du Prieuré Saint-Côme, au sud de la ville. Le bâtiment fut probablement détruit par un incendie au XVIè siècle. C’est ainsi qu’en 1743 l’abbaye acheta les bâtiments de l’actuel « Petit Pontigny », rue de Chichée, composés d’une grange qui servait de cellier (bâtiment en fond de cour). La cour conserve encore un ancien pressoir horizontal provenant d’un village voisin pour rappeler le passé viticole du lieu.

Les édifices religieux du village

A Chablis si l’on soigne le corps par le vin, on soigne aussi l’esprit ! Trois édifices religieux attestent de la spiritualité des villageois.

L’église Saint-Pierre, construite à partir de 1160, se dressait dans le faubourg de la ville, en dehors du centre. Elle se situait non loin d’un édifice plus ancien construit à l’époque carolingienne et dédié à Notre-Dame-du-Rosaire (probablement dans le cimetière actuel). Malgré la destruction totale du faubourg par les Huguenots en 1568, l’église Saint-Pierre résista.

eglise-st-pierre-chablis
Eglise Saint-Pierre de Chablis

Le village comprenait également le prieuré Saint-Côme, construit à partir de 1190, et soumis à la règle de saint Augustin. Depuis la fin du XVIIIè siècle l’édifice est transformé en maison d’habitation. C’est aujourd’hui une propriété privée.

chablis_-_prieure_saint-cosme_2
Vestiges du Prieuré Saint-Côme de Chablis

Mais l’édifice principal du village fut la collégiale Saint-Martin, en référence au chapitre de Tours, construite entre 1160 et 1220 au cœur du village. De style gothique, l’édifice s’inspire largement de l’architecture de la cathédrale de Sens. Le portail sud, de style roman, est le témoin de la dévotion des habitants et des voyageurs de passage à Chablis envers Saint-Martin, patron des cavaliers. Ainsi la tradition était de clouer sur la porte l’un de fers de son cheval malade ou blessé pour invoquer sa guérison auprès du saint ! Jeanne d’Arc, de passage à Chablis en 1429, aurait elle aussi cloué un fer de son cheval sur la porte en bois !

chablis-collegiale-portail
Portail sud de la collégiale Saint-Martin de Chablis et ses fers cloués

Le monument aux morts

Sur la place de la mairie trône le monument aux morts de Chablis, inauguré en 1922. L’oeuvre commémore les chablisiens tombés aux combat, principalement lors des deux Guerres Mondiales. Le poilu casqué et armé, le torse bombé et penché en avant est l’oeuvre de Cladel, un élève du célèbre Auguste Rodin !

monument-aux-morts

Une chasse aux trésors à Chablis

L’on pourrait dire tant d’autres choses encore sur l’histoire et le patrimoine de ce village viticole renommé… Pour découvrir d’autres secrets et anecdotes sur Chablis, ses vins, mais aussi son patrimoine et sa gastronomie, je vous propose plutôt une chasse aux trésors ! Rendez-vous à Chablis le week-end des 4 et 5 mars.

we-oeno-chablis-yt-1500x1007

Un audioguide est également disponible en téléchargement gratuit pour découvrir la ville et ses richesse. 

A vos agendas !

Au cœur des peintures murales de Puisaye-Forterre. Exposition de photographies de Denis Brenot du 19 au 28 mars 2016 en l’Eglise de Chevannes dans l’Yonne

 

Sans titre-1bis2b

Un territoire riche en peintures murales

Depuis plusieurs années déjà, l’association Réseau des peintures murales de Puisaye-Forterre œuvre à faire connaître les édifices de cette région dont les murs ont été enduits, au fil des siècles, d’un riche décor, souvent religieux. Quinze sites font désormais partie du réseau qui organise en ce moment une exposition de clichés du photographe Denis Brenot. Une occasion unique de réunir en un même lieu toutes les peintures murales de Puisaye-Forterre !

DSCN1465
Vue de l’exposition

Un gisement d’ocre en Puisaye

Il faut dire que le sous-sol de la région regorge d’une ressource nécessaire aux peintures : l’ocre. Constituée d’argile et d’oxydes de fer, l’ocre se trouve dans les sables ocreux du sous-sol de Puisaye en grande quantité. Après extraction, le minerai est lavé afin de séparer les grains de sable des particules d’ocre, plus fines. La Puisaye fournit un ocre jaune, qui après cuisson, permet d’obtenir une large palette de couleurs allant de l’orangé au rouge en passant par tous les tons de brun. Pour élaborer l’ensemble des peintures murales connues à ce jour dans notre région, il suffisait aux peintres de compléter leur palette avec d’autres pigments. Le noir était obtenu grâce au charbon, le vert avec des oxydes de cuivre, le bleu à partir d’une pierre semi-précieuse : le lapis-lazuli broyé.

ocres

Quinze sites recensés contenant des peintures murales

Si l’ocre est le point commun entre toutes les peintures murales de Puisaye-Forterre, les thèmes de ces œuvres, souvent religieuses, sont une autre constante. Ainsi l’on retrouve dans plusieurs édifices des variantes du dict « Des trois morts et des trois vifs », comme à l’église Saint-Germain de la Ferté-Loupière (fin XVè – début XVIè siècles voir un précédent article détaillé), à l’église Sainte-Genèviève de Lindry ou encore à l’église Saint-Benoit de Villiers-Saint-Benoit (fin XVIè siècle). Ce thème, fréquent dans la littérature médiévale dès le XIVè siècle, relate la rencontre entre trois jeunes nobles, de retour d’une partie de chasse, et de trois morts échappés de leur tombe, qui les avertissent, au détour d’un chemin, de leur inéluctable et tragique destin.

Ferté Loupière
Le « Dict des Trois Morts et des trois Vifs », Eglise de la Ferté-Loupière (Yonne), fin XVè – début XVIè siècle. ©Réseau des peintures murales de Puisaye-Forterre.

Quelques ovnis picturaux

Outre les thèmes fréquents, on trouve au cœur des églises de Puisaye quelques représentations originales ! C’est le cas des peintures murales de l’église Saint-Roch de Louesme, découvertes fortuitement sous un badigeon au début du XXè siècle, et de l’église Saint-Marien de Mézilles, qui montrent toutes deux une scène du martyre de Saint-Blaise, écorché par des peignes à carder.

Louesme
Martyre de Saint-Blaise écorché avec des peignes à carder, Eglise Saint-Roch de Louesme, Yonne. ©Réseau des Peintures Murales de Puisaye-Forterre.

Plus loin, l’église Saint-Fiacre de Ronchères est surnommée « Le Paradis de la Puisaye », en raison de ses peintures datées de 1679. On y voit, dans des scènes riches en couleurs et en ornements, la représentation de vingt-huit saintes et saints locaux qui entourent les monogrammes du Christ et les quatre Evangélistes.

ronchères
Peinture murale de l’Eglise Saint-Fiacre de Ronchères, Yonne. ©Réseau des peintures murales de Puisaye-Forterre.

La chapelle Saint-Baudel de Pourrain, édifiée au début du XVIè siècle pour permettre la célébration des offices durant la reconstruction de l’église, fut couverte de peintures originales. Au sommet de l’abside de la chapelle trône un soleil ardent dont les rayons s’étendent comme des flammes d’ocre jaune. La voûte de bois décline le thème de l’abondance avec des coupes débordant de fruits. Ce décor gothique flamboyant seraient l’oeuvre de peintres italiens, commandités par François II de Dinteville, évêque d’Auxerre, à son retour d’Italie où il fut ambassadeur de François Ier.

Des thèmes religieux traditionnels

D’autres édifices de Puisaye ont puisé dans la tradition picturale pour livrer leur propre version des grands thèmes religieux. C’est la cas de l’église de Moutiers en Puisaye qui déploie sur ses murs l’un des plus grands ensemble de peinture murales locales. Le décor le plus ancien (XII et XIII è siècles) se situe dans la nef et présente des épisodes de la vie du Christ. Au siècle suivant le décor fut complété par des épisodes de la Genèse, et du Déluge. La Chapelle Saint-Anne, au cœur du cimetière de Saint-Fargeau, relate elle aussi à travers ses peintures murales onze épisodes de la Passion du Christ, donnée en exemple aux fidèles au début du XVIè siècle.

Du côté de la technique

On parle souvent de fresque pour désigner des peintures murales. Et pourtant, nos peintures murales de Puisaye utilisent rarement la technique a fresco, qui implique que l’artiste ait réalisé sont décor peint sur un enduit encore frais, souvent à base de chaux. L’avantage de cette technique est sa bonne tenue dans le temps. En séchant, l’enduit de chaux produit une réaction chimique au contact de l’air et forme une couche de carbonate de calcium à la surface de la peinture, une croute transparente qui emprisonne et protège le décor peint. Il est plus fréquent de trouver en Bourgogne des techniques mixtes, mêlant la peinture sur enduit frais et sur enduit sec. Lorsque l’artiste peint sur enduit sec, il peut revenir autant que souhaité sur son oeuvre, mais celle-ci demeure plus fragile. Pour faire adhérer les pigments colorés à la surface du mur, il doit alors ajouter un liant, généralement composé de lait de chaux, de colle de lapin ou de blanc d’oeuf. Plus tard, l’huile pourra être utilisée comme liant, selon une méthode venue des Flandres.

De la peinture au médium photo

Le photographe Denis Brenot a parcouru ces multiples édifices et d’autres encore pour en photographier les peintures murales et livrer des clichés de qualité, au rendu mat fidèles aux œuvres originales. Quelques textes explicatifs enrichissent la découverte des œuvres. Une publication est également en préparation.

DSCN1468
Photographie de Denis Brenot, peinture à fesco sur pierre de taille de l’Eglise de Perreuse, Yonne, XVIIè siècle, Scène de l’Annonciation peinte par l’artiste Jean Baucher. ©Denis Brenot.

Une exposition à ne pas manquer !

La Saint-Vincent Tournante de Bourgogne : une tradition locale incontournable chaque année en janvier !

affiche St Vincent

La Saint-Vincent Tournante est une tradition bourguignonne depuis plus de sept décennies. S’il s’agit désormais d’un événement festif destiné à promouvoir les vins de Bourgogne, les racines de cette fête conviviale remontent à plusieurs siècles…

Histoire de Saint-Vincent, patron des vignerons

A l’origine, Saint-Vincent est un diacre et martyr originaire de la ville de Saragosse, en Espagne, ayant vécu au IVè siècle. Chargé par l’évêque Valère de prêcher le message du Christ, la légende raconte que Vincent aurait été torturé sur une roue de pressoir. Plus tard, lors du siège de la ville en 542 par Childebert, roi de Paris et Clotaire, roi de Soissons, les assaillants auraient négocié les reliques de ce saint vénéré contre la levée du siège. Les restes de Saint-Vincent auraient alors été déposés à Paris, dans l’Abbaye Sainte-Croix-Saint-Vincent, devenue aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés.

litho saint vincent
Saint Vincent, lithographie coloriée sur papier, XIXè siècle, imprimerie Grangel, Mucem, Marseille. ©Photo (C) RMN-Grand Palais (MuCEM) / Thierry Le Mage

Les saints protecteurs de la vigne et des vignerons sont pourtant nombreux ! Saint Paul, saint Urbain, saint Victor, saint Vernier, saint Didier, saint Martin, ou encore saint Morand, ce sont pas moins d’une trentaine de figures saintes qui oeuvrent pour la protection de la vigne et du vin ! C’est pourtant Vincent qui est célébré aujourd’hui. Outre son supplice sur la roue de pressoir, la raison du choix de Vincent comme protecteur des vignerons serait plus probablement liée à un simple jeu de mots : « Vin » rappelant le fameux breuvage issu du fruit de la vigne, tandis que « cent » renvoie au sang, le vin étant souvent associé au sang du Christ dans la Bible. A moins que ce ne soit grâce à l’âne de saint Vincent, qui aurait un jour de prêche du saint, brouté un pied de vigne. Les vignerons, d’abord fâchés, découvrirent l’année suivante que la vigne donnait le double de fruits ! Ainsi serait né le principe de la taille hivernale. De plus, la mort de saint Vincent commémorée le 22 janvier est une période propice pour les vignerons car elle marque la fin du repos hivernal de la vigne. Plusieurs dictons et proverbes l’affirment !

« Bon saint Vincent, homme puissant, fais monter la sève au sarment. »

La symbolique du vin dans la Bible

Le vin est un produit phare de la civilisation méditerranéenne, et ce depuis au mois 6000 ans ! Dans la Bible, le vin est associé au sang versé par le Christ sur la croix. Si Jésus symbolise la vigne, Dieu en est le vigneron. Nombreux sont les épisodes bibliques qui font référence au vin ou à la vigne. La représentation traditionnelle de l’Arbre de Jessé qui retrace l’ascendance du Christ depuis les rois de Judée est généralement représentée par un pied de vigne aux multiples ramifications ornées de belles grappes (voir le précédent article sur l’Arbre de Jessé). Si la vigne aurait été créée par Dieu le troisième jour, en même temps que les autres plantes, c’est Noé qui aurait inventé la culture de la vigne et la production de vin, épisode relaté par le Déluge. Enfin, le rituel de l’eucharistie est évoqué par l’épisode de la Cène, dernier repas du Christ en compagnie des apôtres avant la trahison de Judas. On y voit le Christ partager le pain, (symbole de sa chaire) et le vin (symbole de son sang) avec ses disciples.

 

Ivresse de Noé, Bellini
L’Ivresse de Noé, Giovanni Bellini, vers 1515, musée des Beaux Arts de Besançon.
La Cène Dali
Salvador Dali, La Cène, huile sur toile, 1955, national Gallery of Art, Washington

La tradition des confréries

La Saint-Vincent de Bourgogne célèbre donc ce fameux breuvage consommé depuis des siècles ! Elle s’inscrit également dans la tradition des confréries de métiers qui apparaît au Moyen Age dans un souci de solidarité corporative. Abandonnée à la Révolution française, la tradition fut exhumée par les vignerons bourguignons en 1934 grâce, cette année là, à la création de la confrérie des Chevaliers du Tastevin. Dans un contexte économique difficile pour le vignoble, les vignerons remirent à l’honneur l’esprit corporatif et l’entraide professionnelle, le partage des savoir-faire et la mise en commun des outils de production. Et l’idée fit son chemin en Bourgogne. Si la première fête de la Saint-Vincent organisée en 1938 vit défiler 6 sociétés, l’édition de 1965 en comprenait déjà 53 et plus de 80 aujourd’hui ! Chaque année les festivités sont organisées dans un village différent pour faire découvrir la diversité du vignoble bourguignon.

Saint-Romain_-_Saint_Vincent_tournante_2008
Défilé des confréries représentées par leur bannières, Saint-Vincent tournante de Bourgogne 2008.

Mais dès avant l’existence de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin et l’organisation de cette fête devenue emblématique de la Bourgogne, une tradition exigeait déjà autour du saint patron des vignerons. Chaque famille vigneronne assistait d’abord à la messe en l’honneur du saint. Puis se déroulait une longue procession durant laquelle on transportait l’effigie du saint d’une famille à l’autre. Une famille était finalement désignée pour la conserver durant toute l’année. Un honneur et une reconnaissance pour ces vignerons ! Le repas traditionnel qui clôturait les festivités est devenu aujourd’hui un banquet géant.

Une tradition dionysiaque et bachique remise au goût du jour

Ces processions et ces banquets ne sont pas sans rappeler les traditions antiques où le vin était déjà célébré. La Saint-Vincent de Bourgogne est une fête conviviale qui mêle traditions païennes et fêtes religieuses. Elle est la digne héritière des fêtes dionysiaques et bachiques antiques ! A la manière des processions antiques en l’honneur de Dyonisos, dieu grec du vin et de la vigne, dont l’équivalent romain fut Bacchus, les visiteurs nombreux peuvent encore assister au défilé des 80 confréries de vignerons de Bourgogne, chacune revêtant un habit de couleur différente et valorisant son propre terroir et ses crus ! Il est d’ailleurs facile de les déguster en achetant sur place son verre souvenir. A la fin des festivités, une poignée de vignerons sélectionnés sont intronisés pour intégrer la prestigieuse confrérie des chevalier du Tastevin, organisatrice de la grande Saint-Vincent de Bourgogne.

kylix Dyonisos par Brigos
Scène de rites dionysiaques, Kylix, Peintre de Brygos, Athènes, vers 480 avant J.C., BnF.

Irancy 2016

Après Dijon en 2012, Châtillon-sur-Seine en 2013, Saint-Aubin en 2014, Gilly-les-Citeaux et Vougeot l’année dernière, c’est le petit village d’Irancy dans l’Yonne qui accueille les festivités en 2016. Sa population d’à peine 300 habitants à l’année va considérablement augmenter lors de ce week-end particulier qui mettra l’AOC Irancy en valeur. L’Irancy est un vin rouge parmi les plus réputés de l’Yonne, situé dans les vignobles de Chablis et du Grand Auxerrois. Elaboré à partir du cépage Pinot Noir, l’emblème de la Bourgogne rouge, sa particularité est de contenir, de manière facultative, au maximum 10% de cépage César, cépage traditionnel local, qui aurait été importé par les légions romaines de Jules César au Ier siècle avant notre ère !

Découvrez ici le site internet et le programme de la Saint-Vincent tournante d’Irancy les 30 et 31 janvier 2016 ! A déguster avec modération.

« Les deux Lunes » à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre Exposition de Frédéric Couraillon du 16 janvier au 13 mars 2016

 

affiche A3 les deux lunes-page-001« Les deux Lunes », c’est le nom de l’une des toiles de Frédéric Couraillon exposées depuis le 16 janvier dans le cellier de l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre. L’artiste a choisi ce titre évocateur teinté d’ésotérisme pour intituler cette exposition riche en œuvres et qui nous plonge au cœur du travail et des problématiques développés par l’artiste.

20160115_093717
« Les deux lunes », Frédéric Couraillon, huile et charbon sur toile, 2015. Vue de l’exposition au Cellier de l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre. ©Frédéric Couraillon

Une exposition ésotérique

Féru de littérature, l’artiste n’hésite pas à s’inspirer d’un thème, d’un motif ou d’un personnage rencontrés au fil de ses lectures pour créer ses œuvres. Son tableau Les deux lunes lui a été inspiré par le conte philosophique de Voltaire, Micromegas. Le texte, une réflexion sur l’infiniment petit et l’infiniment grand au siècle des Lumières, relate le voyage extraordinaire de deux géants à travers le cosmos. C’est aussi la posture qu’a choisi l’artiste pour présenter dans cette exposition une variété de formats, des peintures imposantes aux gravures miniatures.

Du côté de la technique

L’exposition s’ouvre sur une série de peintures grands formats à la matière épaisse et aux couleurs vibrantes de lumière. Les formes organiques apparaissent sur la surface granuleuse et magmatique de la toile, travaillée d’abord avec du charbon broyé et collé. L’artiste applique ensuite les couleurs à l’huile et parvient, malgré les empâtements de la matière, à un résultat léger et poétique. S’il part souvent d’une idée, d’un thème ou d’un croquis, Frédéric Couraillon laisse libre court au geste de sa main, et parfois au hasard, durant la phase de création.

IMG_0970
Vue de l’exposition de Frédéric Couraillon à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre, peintures à l’huile et charbon sur toile, 2015. ©Frédéric Couraillon

 

Au fil des oeuvres

Ce sont deux maternités, inspirées par les peintres siennois du XIIIè siècle, et un arbre dont les fleurs évoquent aussi des étoiles, qui accueillent le visiteur et le guident pour un voyage intérieur. Plus loin dans l’exposition, des monstres marins et des combats maritimes peuplent les toiles dans des tons de brun, d’ocre et de bleu, sans doute inspirés de l’une de ses oeuvres favorites, « Persée et Andromède » du Titien. Les Naufragés, une peinture grand format, appartient d’ailleurs à une série de trois œuvres inspirées de la Divine Comédie de Dante rédigée au XIVè siècle, qui relate en trois tomes l’enfer, le purgatoire et le paradis, des thèmes qui correspondent bien à l’ambiance des toiles de Frédéric Couraillon.

IMG_0977
Frédéric Couraillon, série de trois oeuvres inspirées de « La Divine Comédie » de Dante, peintures à l’huile et charbon sur toile, 2015. ©Frédéric Couraillon
IMG_7684
Frédéric Couraillon devant sa toile « Le Devin », vue de l’atelier de l’artiste. ©Frédéric Couraillon

A l’opposé de ses tableaux, l’artiste expose également de petits formats, dessins ou gravures qui sont pour lui l’occasion d’un travail introspectif et intime. Portraits, animaux récurrents comme l’âne ou le paon, natures mortes (trois poissons finement dessinés dans une assiette) et silhouettes enfantines animent les papiers japonais précieux choisis par l’artiste comme support. Les gravures sont une belle découverte, tant la maîtrise technique de l’artiste est au service d’un vocabulaire pictural poétique. Frédéric Couraillon grave sur de petites plaques de cuivre en mêlant la pointe sèche, utilisée pour la vivacité de son trait, l’eau forte qui permet la souplesse du geste, et l’aquatinte qui offre un rendu flou. Les fonds noirs sont obtenus grâce au carborundum, une technique qui consiste à coller sur la matrice des grains de carbone de silicium qui donnent, une fois l’estampe imprimée, un rendu noir mat et profond.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’enfer au cellier de l’Abbaye Saint-Germain

Au centre de la pièce, qui fut au Moyen Age le cellier des moines de l’Abbaye Saint-Germain, l’artiste y a aménagé « l’Enfer », un cube dans lequel sont exposées des œuvres érotiques inspirées des estampes japonaises du XVè siècle, qui étaient offertes aux jeunes couples en guise de cadeaux de mariage.

L’art céramique de Frédéric Couraillon

L’exposition est ponctuée de quelques sculptures en céramique, principalement des maternités et des vases. Au centre, une œuvre en terre cuite émaillée blanche est une « Galatée » revisitée inspirée du mythe de Pygmalion, raconté dans les Métamorphoses d’Ovide. Pygmalion est un artisan chypriote qui aurait inventé l’art de la sculpture. Tombé amoureux de sa statue d’ivoire, appelée Galatée, Pygmalion obtint d’Aphrodite, déesse de l’amour, qu’elle donne vie à la créature. Le mythe relate le lien affectif qui existe entre l’artiste et son œuvre, bien présent dans le travail de Frédéric Couraillon.

IMG_0968
Vue de l’exposition de Frédéric Couraillon à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre. Au 1er plan sculpture en terre cuite « Galatée ». ©Frédéric Couraillon

Frederic Couraillon : un artiste inspiré 

Formé à l’école des Beaux-Arts de Paris, Frederic Couraillon est un artiste icaunais qui partage son temps et sa création entre la France et l’Espagne. Musicien – il est un pianiste hors pair – Frederic Couraillon est prolifique : la peinture, la sculpture, la céramique, le dessin, et la gravure ne lui résistent pas. Ouvert et disponible, l’artiste sera présent régulièrement dans son exposition pour aller à la rencontre du public. Les œuvres sont en vente pour les amateurs et collectionneurs, prix disponibles dans l’exposition.

IMG_0958
Portrait de l’artiste Frédéric Couraillon devant l’une de ses toiles. ©Frédéric Couraillon

« Les deux lunes », une exposition à ne pas manquer, du 16 janvier au 13 mars 2016 à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre !

Les Journées Européennes du Patrimoine 2015 reviennent les 19 et 20 septembre

JEP_RVB_MOYEN

Les 32èmes Journées Européennes du Patrimoine auront lieu ce week-end, dans toute la France ! Plus de 17 000 lieux seront ouverts au public samedi et dimanche, dont 5700 ouvertures exceptionnelles ! Une bonne occasion de découvrir des lieux secrets et inattendus de Bourgogne…

La 32ème édition

Les Journées Européennes du Patrimoine sont un rendez-vous très attendu chaque année du public ! On ne présente plus cette opération portes ouvertes dans les monuments créé en 1984 par le Ministère de la Culture. C’est désormais plus de 50 pays qui suivent l’exemple de la France, et plusieurs millions de visiteurs curieux chaque année.

Le patrimoine du XXI è siècle

Le thème de l’édition 2015 mettra à l’honneur le patrimoine du XXIè siècle, un patrimoine fait d’édifices récents, de lieux de vie et du quotidien, à l’opposé des architectures classiques du patrimoine ancien, châteaux et édifices religieux ! Ce thème ambitieux et original souligne le dynamisme, ou son absence parfois, de l’architecture contemporaine. C’est l’occasion de réfléchir à la qualité architecturale de notre époque, à son renouveau et à sa pertinence et de mettre en valeur le travail des architectes ! S’il est en effet toujours intéressant de protéger le patrimoine du passé, il faut aussi veiller à la vivacité de la création actuelle et lui laisser la place de son épanouissement dans les années à venir.

insertion_01-W625
Centre des Archives Historiques de la Nièvre, Nièvre. Architecte Patrick Mauger, bâtiment HQE.

Que voir, que faire en Bourgogne

En plus des lieux habituels de visite en Bourgogne qui regorge de nombreux Monuments Historiques, vous pourrez suivre une visite commentée de l’auditorium de l’opéra de Dijon dans lesquels les architectes ont atteint d’excellentes qualités acoustiques. La Tour Elithis, toujours dans la capitale burgonde, première tour à énergie positive au monde sera également visitable. Le Consortium de Dijon, centre d’exposition du Fond Régional d’Art Contemporain de Bourgogne, réhabilité récemment par l’architecte Shireru Ban (Prix Pritzker 2014) vous dévoilera ses secrets, et ses expositions d’art contemporain !

01
Rectorat de Dijon, projet architectural de Rudi Ricciotti.

La SNCF se met au diapason en proposant un pass spécial JEP à 5 euros pour voyager tout le week-end en Bourgogne Franche-Comté et papillonner de site en site ! Plus d’informations ici.

Téléchargez les programmes des sites ouverts dans votre département

Yonne JEP2015_programme_Yonne

Nièvre JEP2015_programme_nievre

Saône et Loire JEP2015_programme_saoneetloire

Côte-d’Or JEP2015_programme_cotedor

Téléchargez le Panorama National du patrimoine du XXIè siècle 

JEP+2015+-+Panorama+national+du+patrimoine+du+XXIe+siècle+3

Bonnes visites !

Quand Jeannine Cook célèbre « Burgundia » Dessins en pointe de métal

Exposition temporaire au Musée des Arts Naïfs et Populaires de Noyers du 7 au 21 septembre

12002121_435700256616587_8667237393432242096_n
Affiche de l’exposition Jeannine Cook à voir au Musée des Arts Naïfs et Populaires de Noyers. ©Jeannine Cook / Musée des Arts Naïfs et Populaires de Noyers

Jeannine Cook est une artiste étonnante. Née en Tanzanie, de double nationalité britannique et américaine, c’est pourtant à la Bourgogne et à son terroir qu’elle s’est intéressée dernièrement. Le résultat, visible au Musée de Noyers jusqu’au 21 septembre seulement, est une œuvre à part et furieusement contemporaine destinée à célébrer la belle « Burgundia ».

« Fossiles, Manuscrits Enluminés et Vins : une célébration de ‘Burgundia’ en dessins de Pointe de Métal »

Tel est le titre de cette exposition qui résume parfaitement le programme que s’est fixé l’artiste lors de sa résidence à La Porte Peinte, un espace dédié aux arts contemporains dans le petits village médiéval de Noyers-sur-Serein. C’est durant sa résidence en 2015 qu’elle a réalisé cet ensemble de dessins inspirés de la Bourgogne, de son sol datant du Kimméridgien et regorgeant de petits fossiles, et du vin de Chablis qui puise dans ce terroir son parfum minéral.

Chablis Gold (Grape Vine) - Copie
Jeannine Cook, Chablis Gold (Grape Vine), dessin à la pointe d’argent sur papier, aquarelle et feuille d’or. ©Jeannine Cook

Un jour de pluie

Cette série de dessins est le fruit d’un heureux hasard ! A l’annonce de journées pluvieuses, comme la Bourgogne en connaît parfois, Jeannine Cook partit ramasser en pleine nature de quoi peindre en atelier. Feuilles, branches et cailloux bourrés de petites coquilles d’huîtres fossilisées remplirent son panier. De ce terroir bourguignon typique, l’artiste tira des œuvres poétiques aux formes organiques et à l’univers minéral.

La pointe de métal

Du côté de la technique, Jeannine Cook apparaît comme une résistante. Elle est l’une des rares artistes contemporaines qui utilisent encore la pointe de métal pour dessiner, une technique ancestrale mais exigeante ! L’outil est pourtant simple, il s’agit d’une barrette de métal insérée dans un manche en bois. La pointe de métal est l’ancêtre du crayon à papier avant sa généralisation au XVIè siècle grâce à la découverte de mines de graphite pur à Borrowdale en Angleterre.

Déjà en usage dans la Rome antique, la pointe de métal est surtout connue pour être très utilisée dans les monastères au Moyen Age, notamment en Bourgogne ! Elle servait alors aux moines dès le VIII è siècle pour tracer les lignes destinées aux textes des manuscrits ou pour esquisser les enluminures. Elle fut utilisée quelques siècles plus tard par les artistes qui développèrent la technique du dessin à la pointe de métal qui connut son apogée avec les maîtres de la Renaissance, de Pérugin à Raphaël en passant par Léonard de Vinci et Albrecht Dürer.

L’argent est d’or

Parmi tous les métaux utilisés dans cette technique de dessin, c’est l’argent que préfère Jeannine Cook. En frottant la mine d’argent sur le papier, d’infimes particules de métal se déposent sur le support et laissent leur fine trace. Au contact de l’air, les particules métalliques s’oxydent. Les traits prennent alors des teintes variées, passant du gris au brun chaud. Aucun remord possible pour l’artiste car les traits d’argent ne s’effacent pas ! Aussi, doit-elle avoir le geste sûr. Pour saluer une dernière fois la terre de Bourgogne, Jeannine Cook a rehaussé quelques uns de ses dessins à l’ocre jaune ou rouge, autre richesse de notre « Burgundia ».

Vigne de Chablis  - Copie
Jeannine Cook, Vigne de Chablis, dessin à la pointe d’argent sur papier, aquarelle et feuille d’or. ©Jeannine Cook

A voir

Exposition à voir au Musée des Arts naïfs et Populaires de Noyers jusqu’au 21 septembre. Pour les Journées Européennes du Patrimoine 2015, Jeannine Cook animera un discours illustré sur le thème de la géologie (fossiles jurassiques d’huîtres pour le vin de Chablis) avec les manuscrits enluminés, héritage des monastères, sous forme de dessins de Pointe de Métal le samedi 19 et le dimanche 20 septembre à 16h au musée de Noyers.

Ses oeuvres seront également visibles à La Porte Peinte dans l’exposition collective « Quotidiaen » du 25 octobre au 31 décembre 2015.

Week-end portes ouvertes dans les ateliers d’artistes de l’Yonne

portes-ouvertes-des-ateliers-d-artistes-de-l-yonne_cg89_visuel2-1d55c

Le week-end de l’Assomption est l’occasion parfaite de pousser les portes des ateliers ouverts au public dans l’Yonne, et de découvrir les coulisses de la création contemporaine.

Un rendez-vous incontournable

C’est devenu un rendez-vous obligé pour tous les artistes et les amateurs depuis plus de dix ans ! Les portes ouvertes des ateliers d’artistes sont l’occasion de parcourir notre belle campagne tout en découvrant de nouveaux créateurs et leurs oeuvres. A l’opposé des froides cimaises des habituelles expositions, c’est tout le contexte de création qui se révélera à vous. Qu’il soit au fond du jardin, dans la grange ou le grenier, l’atelier est l’antre secrète de l’artiste.

De belles rencontres artistiques

Ce rendez-vous annuel permet de faire de belles rencontres avec les artistes en personnes qui seront présents pour vous présenter leurs oeuvres et répondre à vos questions. L’échange direct avec l’artiste est souvent le moment idéal pour comprendre sa démarche, les problématiques abordées dans ses oeuvres, ses sources d’inspirations ou même une anecdote particulière sur une oeuvre. Tous les goûts seront satisfaits car peintures, sculpture, céramique, gravure, arts graphiques, photo ou vidéo sont au rendez-vous.

Pittura-Painting4

L’atelier, un personnage à part entière

L’atelier est un lieu très personnel, souvent chargé d’une âme particulière. Entre tâches de peintures, odeurs de térébenthine, éclats de pierre ou matériaux de récupération abandonnés ici ou là, la visite de l’atelier permet de percevoir les oeuvres sous un autre jour. La découverte des outils de travail et des matières premières utilisées par l’artiste permettent de comprendre son travail de l’intérieur et d’y mettre un supplément d’âme.

Et peut-être, qui sait, vous viendra l’envie de réaliser une acquisition…

Téléchargez ici le programme et la carte des ateliers ouverts au public.

Caractères, le festival international du livre revient ce week-end à Auxerre !

affiche caractères
©Association Auxerre Livres et Eric Guet.

Du 22 au 24 mai aura lieu la 2ème édition du Festival Caractères à l’Abbaye Saint-Germain à Auxerre. C’est l’occasion de faire une plongée dans la littérature contemporaine internationale et originale, mais aussi dans le monde actuel et ses problématiques. Echanges et débats en perspective… Caractères est un festival littéraire créé en 2014 et géré par l’Association Auxerre Livres, présidé par Isabelle Poifol-Ferreira. Déjà, la première édition avait réuni un milliers de spectateurs sur trois jours. Aussi, cette année la recette n’a pas changé. Grégoire Courtois, programmateur de l’évènement et gérant de la librairie Obliques, a réuni une douzaine d’auteurs venus du monde entier. Le déjà très beau cloître de l’abbaye Saint-Germain, rempli de transats pour l’occasion, va raisonner ce week-end de conversations qui promettent d’être riches et étonnantes, si l’on en juge par les personnalités invitées…

photo Eric Guet
Les festivités ont commencé dans le cloître de l’Abbaye Saint-Germain. ©Eric Guet.

A l’honneur

Cette année c’est l’espagnol José Carlos Somoza qui est l’invité d’honneur du festival. Psychiatre espagnol, l’homme s’est d’abord intéressé aux tréfonds de l’âme humaine avant de se consacrer à l’écriture de romans énigmatiques comme La Caverne des Idées, sorte de polar antique à double enquête, celle du héros et celle du traducteur. Son dernier ouvrage, Le Tétraméron, est un roman initiatique ou les récits s’imbriquent dans une ambiance gothique et sombre. Grégoire Courtois reviendra sur son œuvre, en présence de l’écrivain, lors d’une rencontre samedi 23 mai à 17h30. la-caverne-des-idees-61934 A l’honneur également, les éditions Mirobole, jeune maison qui déniche des romans et polars étrangers originaux et inclassables ! Ses deux collections annuelles explorent le roman noir et la littérature fantastique. Quatre auteurs les représenteront en ces trois jours dont le moldave Vladimir Lortchenkov et son roman à l’humour noir et tranchant Des Mille et Une façons de quitter la Moldavie, qui aura la parole samedi à 15h. Moldavie

Programme des réjouissances

Vendredi, le festival s’ouvrira par une rencontre autour du roman tunisien francophone et fera une large place à l’actualité de ce pays avec les auteurs Ali Bécheur et Azza Filali. Tous deux amoureux de la langue française, leurs ouvrages sont encore peu connus de ce côté de la Méditerranée. Cette rencontre culturelle sera animée par Emmanuel Khérad, journaliste à France Inter. Samedi et dimanche à 11h auront lieu des rencontres informelles et conviviales autour d’un brunch, grâce au point restauration installé dans le cloître tout le week-end, et des lectures d’extraits des romans des auteurs invités. Le samedi après-midi sera riche en découvertes. Une première table ronde à 14h sera consacrée au nouveau journal hebdomadaire d’actualités au format original,le 1. Eric Fottorino sera présent pour présenter ce format original. Le journal se consacre chaque semaine à un thème d’actualité et laisse la parole à des écrivains. Loin du zapping actuel, le sujet est traité en profondeur et sous des angles différents. La littérature tchèque fera l’objet d’une autre table ronde samedi à 16h, qui promet d’être riche en émotions tant les deux auteurs invités, Patrik Ourednik et Michal Ajvaz, sont différents. Le premier s’intéressera au thème de l’histoire en revenant sur son chef d’oeuvre Europeana, une brève histoire du XXè siècle, déjantée et décalée, mais toujours vraie ! Europeana La première table ronde du dimanche après-midi s’ouvrira sur le thème du voyage au travers des romans de l’auteur russe Yana Vagner et de l’irlandais Dov Lynch. Tous deux, à leur manière, traitent du voyage comme une fuite ou une quête face aux enjeux politiques et sociaux qui résonnent en leur héros. La journée se poursuivra par une rencontre avec Inger Wolf, reine du polar scandinave et se terminera par un dernière table ronde consacrée à la vie cachée des livres où les lectures multiples, les énigmes qui nous résistent et les jeux de construction littéraire feront l’objet de discussions. Durant tout le festival vous pourrez également trouver dans le cloître un point restauration pour faire une pause, ainsi que des animations pour les enfants réalisées par les associations « Lire et faire lire » et « L’idée ludique ». Des comédiens liront ponctuellement des extraits de romans. Dimanche, de 14h à 17h, petits et grands pourront fabriquer leur propre marque-page en compagnie de Frédérique Hervé. Bien sûr vous pourrez retrouvez vos livres préférés sur les tables des librairies Obliques (Auxerre) et l’Autre Monde (Avallon). Retrouver ici le programme complet de l’évènement. Vous pourrez me retrouver samedi et dimanche parmi les nombreux bénévoles du festival !

Bonne découverte littéraire !

La 11è Nuit Européenne des Musées ce week-end en Bourgogne

Nuit-des-musees-2015 La 11ème Nuit Européenne des Musées aura lieu ce week-end un peu partout en Europe, en France et en Bourgogne ! Une occasion de découvrir les musées près de chez vous autrement. A ne pas louper !

Un événement annuel

La Nuit des Musées est une manifestation organisée chaque année autour du 18 mai. Ce sont près de 1300 musées français qui ouvrent leurs portes en nocturne, le plus souvent gratuitement, animés par la volonté d’attirer tous les publics, habitués ou non. L’année dernière, plus de deux millions de visiteurs s’y sont rendus. Les musées proposent à cette occasion des animations variées permettant de découvrir les collections sous un jour nouveau, ou plutôt sous une nuit nouvelle ! Car c’est toute l’originalité de cette manifestation ! La découverte nocturne des œuvres et des lieux, souvent intimidants le jour, favorise l’échange et la rencontre. C’est aussi l’occasion de suivre une visite inhabituelle, d’écouter un concert face aux œuvres, de faire une dégustation, d’écouter le conservateur commenter ses trésors, ou de participer à un atelier ludique.

Manifestations en Bourgogne

La richesse et la diversité des musées de Bourgogne s’offrent à vous ! Ainsi le Musée des Beaux Arts de Dijon, récemment rénové, propose des intermèdes musicaux au milieu des salles d’expositions, où musique et peintures entrent en résonance. Le musée de Nuits-Saint-Georges mise sur le théâtre avec des visites menées par des comédiens. Au Fonds Régional d’Art Contemporain de Dijon, les enfants de 5 à 10 ans pourront s’initier à l’art contemporain lors d’un atelier pratique. Au musée du Vin de Bourgogne à Beaune vous pourrez participer à une découverte sensorielle des cépages bourguignons et même déguster ! N’oubliez pas de passer sur le stand de l’association qui vous informera sur l’avancée du dossier de classement des Climats du Vignoble Bourguignon à l’Unesco. Côté gastronomie, pour pourrez suivre une visite gourmande à l’Imaginarium de Nuits-Saint-Georges. A Cosnes-Cours-sur-Loire, une fois n’est pas coutume, c’est une visite déjantée que vous pourrez suivre, et dans laquelle rien ne se passera comme prévu… Des musiciens vous attendront au Musée des Ursulines de Mâcon pour un voyage musical et artistique. Au Musée Nicéphore Niepce vous pourrez admirer les projections grand format des œuvres du fonds de photographies contemporaines dans la cour du château. Le musée Vivant Denon vous proposera une plongée originale dans les œuvres par les odeurs, tandis qu’à l’écomusée du Creusot-Montceau-le-Mines, ce sont des conteurs qui vous attendent. Bref il y en a pour tous les goûts, et à côté de chez vous !

Opération La Classe l’Oeuvre

Depuis 2013, le Ministère de la Culture et de la Communication favorise le partenariat écoles-musées par le dispositif « La Classe L’Oeuvre ». Durant l’année, les élèves des classes volontaires sont invités au musée pour étudier les œuvres proposées et réaliser un travail artistique et personnel, favorisant une véritable appropriation du patrimoine. Le travail réalisé est exposé dans les musées concernés lors de la Nuit des Musées. Le Museum d’Histoire Naturelle d’Auxerre a ainsi reçu quatre classes de 6è du collège Saint-Jacques de Joigny. Les élèves ont travaillé sur des spécimens-mystères qui seront présentés dans les salles du musée. Saurez-vous les reconnaître ? Retrouvez ici le programme complet de la 3è Nuit Européenne des Musées en Bourgogne.